Nous sommes le 31 octobre 1985 sur Mars, un homme bleu discute avec une femme. Ils se tiennent face à face, à proximité des débris d’une horloge de verre géante. La femme pleure, elle vient de réaliser quelque chose d’affreux. L’homme en bleu lui demande si ça va, elle lui répond que toute sa vie n’est qu’une blague énorme, stupide, dénuée de sens… L’homme en bleu ne pense pas que la vie de cette femme soit dénuée de sens.
L’homme en bleu n’est pas un homme. Dans les minutes qui suivent, il devra décider du sort de la Terre alors en proie à de terribles conflits géopolitiques qui risquent de noircir son ciel d’une nuée d’ogives nucléaires. L’homme en bleu regarde au loin. Il voit les marches gigantesques qui bordent le cratère dans lequel ils se trouvent. Sans cesse érodées par le vent et la poussière, les marches se meuvent à la surface de Mars comme des vagues, mais dont le mouvement se traduit en millénaires plutôt qu’en secondes – une valse topographique en perpétuelle évolution, une merveille qui n’a même pas besoin d’un souffle de vie. Pourquoi sauver les humains ? Qu’ont-ils de plus que les rochers de Mars ?
L’homme en bleu s’approche de la femme. Il lui dit qu’il a décidé de sauver le monde. La femme sèche ses larmes et regarde l’homme en bleu. Elle ne comprend pas pourquoi il a changé d’avis. Alors l’homme en bleu lui répond :
« Les Miracles Thermodynamiques sont des événements dont la probabilité est si astronomiquement faible qu’ils sont effectivement impossibles comme l’oxygène se transformant spontanément en or. »
« Et pourtant, dans chaque accouplement humain, il y a un millier de millions de spermatozoïdes pour un oeuf unique. Multiplie ces probabilités par d’innombrables générations, considère les chances qu’avaient tes ancêtres d’être en vie, de se rencontrer, d’engendrer ce fils précis, cette fille exacte… jusqu’à ce que ta mère aime un homme qu’elle a toutes les raisons de haïr et de cette union, du millier de millions d’enfants en concurrence pour la fertilisation, c’est toi, et toi seule, qui as émergé. »
« Distiller une forme si spécifique à partir de ce chaos d’improbabilités comme transformer l’air en or… c’est cela la plus grande improbabilité. Le Miracle Thermodynamique. »
« Le monde est si plein de gens, si encombré de ces miracles, qu’ils deviennent communs et nous oublions… j’oublie. Nous regardons continuellement le monde et il finit par devenir morne dans nos perceptions. Pourtant, vu d’une autre perspective, comme s’il était neuf, il peut encore couper le souffle »
L’homme en bleu prend la femme dans ses bras.
« Viens… sèche tes larmes, car tu es la vie, plus rare qu’un quark, et imprévisible au-delà des rêves d’Heisenberg ; l’argile dans lequel les forces qui sculptent toutes choses laissent leur empreinte avec le plus de clarté. »
« Sèche tes larmes… et rentrons chez nous. »
Ces mots ne sont pas les miens, mais ceux d’un barde bien connu et je suis sûr que certains d’entre-vous auront reconnu l’oeuvre dont ils sont extraits. Découvert à Noël, ce passage m’a beaucoup touché et je voulais vous le partager sous une forme plus brève car il me semble que c’est un texte idéal pour commencer l’année.
En parlant d’année, je vous la souhaite bien bonne. C’est un mois de janvier chargé de mon côté et bien qu’il y ait quelques textes qui trainent dans ma besace, je n’ai pas pris le temps d’y accorder les « dernières » retouches nécessaires à leur parution sur ce site internet. La faute à un emploi du temps bien rempli et… à une certaine paresse…
Toutefois, sachez que je suis actuellement en train de bricoler, avec l’aide de copains, un petit truc qui n’a rien de textuel. Il sera projeté sur grand écran le samedi 24 janvier au cinéma LUX à Caen pour accompagner un set d’électro de Kiper Sonus. Pour en savoir plus, c’est par ici : https://cinemalux.org/evenement/retour-a-bord-du-lux-3000/
Ah et ça y est, Sur les Rails tient enfin son premier fan art ! Le voici en photo :

Un grand merci à la personne derrière cette splendide aquarelle qui orne désormais mon bureau ! En espérant que cette oeuvre soit la première d’une longue série… surtout ne vous en privez pas 😉
Prenez soins de vous et de vos proches,
et haut les coeurs !
Votre écriveur,
Lazare
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